Jeudi 28 juin 2007
.Blanc... si blanc.
Je m'appelle Embroise. J'ai 17 ans et je suis né le 31 Mars 1989.
Je vis en ce moment à l'hôpital psychiatrique de Paris. Ma chambre est toute blanche et à force d'y vivre je ne sais plus distinguer le haut du bas et le bas du haut. Tout y est moelleux, indolore et invariablement blanc, immaculé, trop lumineux pour mes pauvres yeux.
Je n'ai plus la force ni de raison de vivre, pourtant il m'est impossible de mettre fin à mes jours... je n'ai plus de bras... où plutôt si j'en ai, mais cela fait si longtemps que je ne les vois plus que si on m'enlevais ma camisole, je ne saurais plus m'en servir.
Pour ne pas devenir plus fou que je le suis déjà, je fait revivre en pensé mes souvenirs les plus lointains. Je les amasse dans un coin de ma tête puis quand tout y est clair je les repasse sur l'écran blanc de mon inconscient.
Je me souviens de ma petite chambre parisienne, tapissée de bleu, au 5° étage d'un vieil immeuble en centre ville.
C'était juste avant l'arrivée de l'ambulance.
Debout en face du miroir je contemplais mon reflet en souriant calmement. J'était assez grand, un mètre quatre-vingt environ. Mes cheveux étaient longs noirs et bouclés. Mon visage un peu trop fin et mes yeux verts un peu trop grands, me donnait l'air d'une jeune fille pâle, innocente et désincarné...mais j'était un garçon et rien de tout cela n'aurai dû avoir d'importance, en dehors du fratricide que je venais de commettre, mais je ne me souciait guère du cadavre maintenant froid de mon cadet. Ma chemise noire à dentelle était taché de sang. Quel dommage un si joli tissu! À présent il était tout juste bon à jeter...
Mon souvenir s'arrête là... après, j'ai oublié... après ce fut la camisole, puis du blanc a remplacé ma vie. Je ne vis plus, je blanchis.
Ma naissance aussi je m'en souviens... hmmm... la position de foetus est une de mes préférés, et une des seules que je puisse prendre ici.
Je suis né le 31 Mars 1989, mais ça je vous l'ai déjà dit.
Le soleil était au zénith et le lit de ma mère était baigné de lumière, c'est mon troisième oeil qui me le dit car je n'étais pas encore né. Je n'était qu'un trou, béant sur l'univers, qu' une coquille vide flottant dans un ciel brûlant tel un volcan. Je me complaisais dans cette chaleur de lave, mon corps là réclamait. Et quand je fus arraché de force aux entrailles de ma mère, ce fut pour pousser mon premier cri. Ce fut un cri de haine et d'incompréhension.
Pourquoi? Pourquoi avoir détruit le bonheur intanse dans lequel je baignais?...
Pourquoi m'avoir arraché aux lymphatique lymphes de mon inconscient? Pourquoi m'avoir enlevé à mes douces voluptés abyssales?... Pourquoi? Pour le simple plaisir pervers de me jeter seul dans ce monde de haine où tout n'est que grisaille et atrocité?...
La seule manière d'atteindre le paradis est de mourir ou de faire usage de drogues qui vous détruisent le cerveaux! Moi, ces choix ne me satisfesaient pas, alors j'ai choisi la vengeance, je les ai tous tués, un par un... toute ma famille. Je n'ai rien éprouvé en accomplissant ma triste besogne, à part peut être une intense satisfaction.
Quand je suis venu au monde ma mère pleurait de joie et les sages-femmes,qui s'affairaient autour de moi, avaient elles aussi l'air heureuses. Ce fut, je crois, ma première et dernière vision du bonheur, car le reste je l'ai détruit.
Il était 15 heures et tout allait pour le mieux dans la chambre numéro 4.
Madame Rose avait mis au monde un beau bébé sans aucune difficulté. C 'est son mari qui choisi son nom, et il devint Embroise Nicolas Rose.
Voilà pour ma naissance...à présent je
retourne à ma blancheur...blanc si blanc.
Blanc, que de blanc.
Si seulement je pouvais...
Il est 5 heure du matin et je crois bien que je meurs.
FIN
Blanc, que de blanc.
Si seulement je pouvais...
Il est 5 heure du matin et je crois bien que je meurs.
FIN
Lilamor